mardi 3 novembre 2009

Réjeanne, t'as pas changé !

Il y a quelques semaines, sur les ondes de Télé-Québec, j'ai revu le film Réjeanne Padovani de Denys Arcand. Le timing était excellent. Des scandales de corruption dans l'attribution de contrats d'infrastructure venaient tout juste d'éclater à la ville de Montréal. Je doute que la programmation de ce film à ce moment là ait été fortuite. Si ce fut le cas, je veux que le responsable de la programmation cinématographique à Télé-Québec me tire aux cartes.

En gros, le film traite, en trame de fond, de magouille entre des grandes entreprises -italiennes- de la métropole et les gouvernements provincial et municipal. C'est loin d'être un film d'action. On y suit plutôt une sorte de huit-clos, une soirée donnée par un entrepreneur chez-lui en l'honneur de l'inauguration d'une portion d'autoroute qu'il vient d'achever de construire. Parmi ses invités, le ministre des transports, le sous-ministre, le maire de la métropole... bref, tout le gratin politique et son frère.

J'avais vu ce film il y a plusieurs années, vers la fin de l'adolescence. Je l'avais trouvé incroyablement plate et long. Probablement qu'à l'époque, je n'avais pas la maturité pour comprendre les subtilités dépeintes par Arcand (tout comme je n'avais pas compris l'intérêt du Déclin de l'empire américain quand je l'avais vu à 11 ans en programme double dans un cinéma de village). Toutefois, aujourd'hui, avec mes yeux et surtout ma tête d'adulte, Réjeanne Padovani prend un tout autre sens. En ces temps de corruption où le gouvernement du Québec fait tout pour balayer sous le tapis la possibilité d'une enquête, ce film est d'autant plus d'actualité. Même s'il date de 1973, le scénario est comme ancré dans une réalité qui semble perdurer. Tellement d'actualité que même les vêtements et les lunettes des personnages du film semblent être les mêmes que ceux portés de ces temps-ci par les hipsters du Plateau. C'est dire !

Comment on dit ça déjà ? Plus ça change, plus c'est pareil...

lundi 2 novembre 2009

Qui es-tu, Émilie Dubreuil ?

Toutefois, la question devrait-être: "Où étais-je pour ne pas jamais t'avoir lu, ou plutôt ne jamais avoir retenu ton nom".

Je viens tout juste de tomber sur un papier écrit par la journaliste pigiste montréalaise. J'adore le ton. Direct, franc, dans les dents sans toutefois chercher absolument à provoquer. Tout de suite, j'ai googlé son nom pour en apprendre plus sur elle. Je tombe alors sur cet article. C'est rare qu'on lit un texte et qu'on se dit "Mon Dieu ! J'ai pensé ça tellement souvent que c'est moi qui aurait dû écrire ça". Bref, j'adore.

Qui que tu sois Émilie, où que tu sois, je vais rester à l'affût de tes textes. Je les souvourerai comme du bonbon.

lundi 26 octobre 2009

Si Michel Rivard le chante...

Mon supermarché de quartier a rénové son magasin au cours des dernières semaines. Je le découvre presque tout neuf de ces travaux, avec, en prime, une section « eau de source » à faire fondre les glaciers les plus récalcitrants. De nos jours, le goût de l'eau semble avoir un prix.

Je suis perplexe face à ce nouveau snobisme : s'offrir un grand cru d'H2O. Un verre de limpide provenant des forêts tropicales des iles Fidji, une bouteille dont le contenu origine d'une source de montagnes calcaires de Laponie. Moi, le plus souvent, j'y vais avec le classique (et plus qu'abordable) Saint-Laurent Frappé, poussant l'audace jusqu'à filtrer le tout au charbon. Mais un doute persiste. Suis-je en train de m'empoisonner à petit feu ?

Depuis quelques années, d'aucuns jettent les hauts-cris contre l'eau embouteillée. Un non-sens à leurs yeux. Pire : un réel désastre environnemental. Dans ce débat, je ne sais trop où me situer. Je pense bien simplement que si certaines personnes accordent une telle importance au goût de l'eau qu'elles ingurgitent, elles ont bien le droit de payer pour ce luxe. Ces gens doivent accorder autant d'importance au goût, à la couleur et l'arome des vins qu'ils dégustent. Moi, je les choisis plutôt pour leur étiquette et leur prix. S'ils goûtent bon, c'est un bonus. À vrai dire, c'est un peu la même chose pour mon eau. M'offrir une belle bouteille d'eau design, pourquoi pas ? Pour ce qui est du goût de son contenu, je ne saurais trop dire. De toute façon, elle se retrouvera plus souvent qu'à son tour remplie à répétition du bon vieux Saint-Laurent Frappé.

jeudi 15 octobre 2009

Qu'est le slow devenu ?

Je ne parle pas ici de slow food et autre analogisme moderne, je parle du bon vieux slow musical, propice aux rapprochements car se danse collé et joue dans les bars seulement aux alentours de 2h58 du matin, quand tout le monde est bien chaud (dans tous les sens du terme). Non mais c'est vrai ! Quel est le dernier slow qui a cartonné sur les ondes radiophoniques (ou musicplussiennes) que tout le monde entonnait avec joie ou honte à peine dissimulées ?

Quand je parle de slow, je parle de quelque chose de tendre et/ou cochon, préférablement. Dans mon palmarès des meilleurs slows, me viennent tout de suite en tête : Wicked Games de Chris Isaac, True Devotion de Samantha Fox et Drive de The Cars (années 80, sortez de ce corps). Aussi, mention spéciale à Don't Speak de No Doubt, Love Bites de Def Leppard et Trouble de Coldplay. Certains m'en voudront de passer sous silence My Heart Will Go On de Céline, mais bon, ça ne figure pas dans mes préférés.

Ces dernières années nous ont donné leur lot de ballades agréables (Wake Me Up When September Ends de Greenday, Inside and Out de Feist) mais il me semble y avoir une flagrante pénurie côté slow. Le dernier dont je suis capable de me rappeler est The Scientist de Coldplay, et encore, ça remonte à 2002.

Peut-être suis-je trop vieille et déphasée quant aux nouveaux moyens de diffusion musicale. Peut-être que je commence à être déconnectée et ne suis plus assez au courant des courants musicaux. Peut-être le slow est-il carrément dépassé. Ce serait triste. Ce serait comme dire que l'amour et le sexe sont out. Me semble que ça se peut pas. Quelque chose qui n'arrivera jamais. Enfin, on l'espère.

"Last call ? Vraiment ? Ok, bien... DJ, peux-tu faire jouer « Bad Touch » de Bloodhound Gang ? Thanks !"

mardi 6 octobre 2009

Les abymes de la stratosphère

Vous n'êtes pas tanné d'entendre, et surtout voir, notre clown national de l'espace ? Moi je n'en peux plus.

Il y a encore quelques mois, Guy Laliberté ne me faisait ni chaud ni froid. À la limite, j'étais contente de voir un gars de chez-nous remporter autant de succès à l'échelle planétaire dans le domaine de l'entertainment. Mais là, je dois vous avouer que mes sentiments ont changés. Maintenant, le gars m'écoeure.

Tu veux pitcher des millions (près de 35, tout de même) pour aller te balader dans l'espace ? Fine ! Mais ais la décence de ne pas écoeurer le monde avec ça, et spécialement le monde qui aurait pu bénéficier, par ta fondation One Drop, autrement plus de ces 35 millions. Ne vous méprenez pas. Je ne suis pas de ceux et celles qui critiquent les riches pour ce qu'ils font avec leur argent. N'importe qui a le droit de faire n'importe quoi avec son argent. Mais quand tu t'offres le caprice d'un voyage dans l'espace et que tu fais passer ça pour un geste philanthropique qui va rapporter à une fondation caritative, je trouve que c'est odieux. Ça manque de dignité.


Et nous voilà parti dans le grand cirque médiatique (excusez-la). On nous repasse ad nauseam les mêmes images d'un bouffon en suit d'astronaute. J'essaye de l'éviter pendant qu'il lévite en orbite (s'cusez-la – bis), mais c'est difficile, le gars est partout. Guy Laliberté est descendu dans mon estime aussi rapidement et profondément qu'il est monté haut vers l'espace. Et je ne dois pas être la seule avec ce sentiment de dégoût.

jeudi 24 septembre 2009

Les dinausaures technologiques

Vous aimez vous souvenir des anciennes coqueluches technologiques ? Tsé comme PacMan , Atari Vision, Le Walkman jaune hyrdofuge Sony, Télé Match, et autres nouveautés médiatiques déchues. Bien moi, je vous prédis quels sont les gadgets qui font actuellement tripper le monde mais qui deviendront rapidement -très rapidement- has been: les flashmobs et autres lipdubs et surtout, SURTOUT !!! Facebook.

Dans 10 ans, tout le monde va dire "Te rappelles-tu quand on était tous sur Facebook et qu'on trippait à updater notre status chaque jour...". Ou encore "Je me rappelle le premier flashmob que j'ai vu, c'était sur une toune de The Sound Of Music dans une garre de Londres" et, bien sûr, "Ah ! Le lipdub qu'on avait fait à l'université avait pogné plus de 100 000 hits sur Youtube".

Bref, n'oublions jamais que les gadgets technologiques actuels, aussi innovateurs et surprenants puissent-il être, sont les ancêtres de futures inventions. Et souvent, les ancêtres, en vieillissant, nous font sourires en radottant à quel point avant, c'était le bon temps !

dimanche 30 août 2009

De la dictature d'être en forme

« Faut que je me remette en forme ». Combien de fois j'ai entendu quelqu'un de mon entourage prononcer cette phrase. À chaque fois, je réprime un petit soupir de dépassement. Je vous le dis d'emblée, se «mettre en forme», je n'y crois pas. En fait, ce n'est pas tant que je ne crois pas en la chose, c'est plutôt que je ne crois pas au bien fondé de la chose.

En occident, la vie est des plus faciles. Ascenseurs, aspirateurs, escalateurs, lave-vaisselle, extracteurs à jus, tutti quanti... tout existe pour nous mener la vie douce et nous la rendre le moins pénible possible. Mais non, il y a encore du monde -et beaucoup- pour trouver qu'ils ne sont pas assez en forme pour leur vie qui leur en demande déjà si peu sur le plan physique. En occident de nos jours, on a jamais si peu eu besoin d'être «en forme». Si on se compare à bon nombre de pays où les conditions de l'humain sont encore précaires, c'est un grand luxe dont jouit notre partie du monde. À la lumière de cette observation, je décide de profiter pleinement de ce luxe.

Et ne me sortez pas l'argument que la santé est directement proportionnel à la forme physique (savant mélange flexibilité/musculaire/cardio). Si l'équation fonctionnait, des hommes sportifs ayant un cardio d'enfer ne péteraient pas d'une crise cardiaque à 42 ans. Je tiens d'ailleurs en exemple ma grand-mère, qui, maintenant rendue à 89 ans bien sonnés, va tous nous enterrer. Elle fait environ 5'1", a toujours eu la shape d'un tonneau et n'a jamais levé un balais de sa vie. Je doute même qu'elle ait jamais, même enfant, couru après un ballon. La vénérable dame pète le feu et n'a été admise à l'hôpital qu'une fois au cours des cinquante dernières années. Alors voulez-vous bien me faire rire avec votre supposé corrélation forme physique = santé.

vendredi 14 août 2009

Je ne me tanne pas de ça...

Et imaginez live en plus. Comme samedi dernier au stade (enfin, presque).

L'ultime idéal du style


Mon fantasme de ressemblance.

Le style, c’est quelque chose d’intemporel. C’est au-delà de la mode et de la beauté. C’est une image figée dans le temps, donc, par essence, timeless. Le style, c’est une photo qui nous confond sur le moment où elle a été prise. Comme celle-ci de Louise Brooks. Cette photo aurait pu avoir été prise hier. Elle date d'il y a près de 80 ans.

vendredi 17 avril 2009

Sex and the City pour les nulles

Mesdames, faites-vous partie de cette horde de femmes de par le monde qui ont jubilé d'excitation l'été dernier lors de la sortie sur les écrans de cinéma de Sex and the City, le film ? Eh bien moi pas.

D'entrée de jeu, je vous annonce mes couleurs: si j'ai apprécié la série Sex and the City qui fut divertissante durant ses premières saisons -à la fin des années 90 cette émission est venue rafraîchir le paysage télévisuel destiné au public féminin- je trouve complètement ridicule le culte hystérique que lui voue un grand nombre de femmes. Lors de la première du film, à l'été 2008, on ne comptait plus les groupes d'amies qui se sont mises sur leur 36 (wannabe porteuses de Manolo Blahnik et de Prada) pour aller assister à cet événement qu'elles n'auraient manqué pour rien au monde. Peh-lease !!!!!!

Or, à l'époque de cette frénésie, pour ne pas critiquer dans le vide, je me suis imposée le visionnement du long-métrage en question. Bien mes amis, je ne fus pas déçue (puisque j'étais déjà assez cynique en partant). Quelle fable ridicule que ce Sexe à New York ! Pendant plusieurs jours, j'ai été complètement mystifiée à essayer de percer le mystère de cet engouement démesuré puis ça m'a finalement frappé : Sex and the City est un conte de fées moderne pour la femme occidentale entre 30 et 45 ans. Je soupçonne d'ailleurs qu'il y ait deux principaux groupes qui s'identifient aux quatre « héroïnes » de ce feuilleton cinématographique : 1er, les femmes qui vivent en ville et qui pensent que leur vie -le plus souvent plate comme la pluie- ressemble à s'y méprendre aux aventures vécues par Carrie, Samantha, Charlotte et Miranda; 2e, les mères de famille installées en banlieue qui se disent que sans les obligations familiales qui leur incombent, elles mèneraient une vie aussi trépidante que les quatre filles de l'Upper East Side. Dans les deux cas, mesdames, vous vous gourez royalement.

Mais bon, faut croire que du côté de la gent féminine, je suis une exception. En effet, à mon grand dam (et au bonheur des autres), il parait qu'ils vont remettre ça. Les filles, préparez votre plus belle garde-robe pour l'été 2010, Sex and the City 2 s'en vient !!!

mardi 7 avril 2009

De la castration de l’homo-québécus

Je vous conte une anecdote vécue par une amie dernièrement. La fille, appelons-la Zoé, sort prendre un verre et manger une bouchée avec des amies un vendredi soir. La soirée finit trop tôt à son goût puisque les filles, dont le lit les appelait, déclarent forfait vers 23h. Zoé, toutefois, sent en elle vibrer l’appel des shooters de tequila. Et croyez-moi, lorsque cet appel se fait entendre, mon amie doit y répondre puisque c’est quelque chose d’assez rare (Zoé n’étant pas ce qu’on appelle une « party animal »).

En route vers chez-elle et après quelques messages-texte à un hypothétique compagnon de boisson, elle s’arrête dans un établissement pour étancher sa soif tenace. L’endroit est bondé d’hommes (ratio hommes/femmes d’environ 5/1) de son âge (fin vingtaine) offrant un potentiel quand même intéressant. Zoé s’attable au bar seule –chose qu’elle n’avait auparavant jamais faite- et commande trois tequilas, qui, l’espère-t-elle, noieront la petite voix qui crie « party » sous son plexus solaire. Zyeutant de temps à autre son cellulaire pour voir si la proposition de l’autre finira par se concrétiser, elle se dit qu’à la quantité d’hommes en rut dans la place, il y en a bien un qui viendra lui faire jasette. Comprenez-moi bien, l’endroit n’est pas particulièrement sophistiqué et on parle ici d’un débit de boisson à peine plus classe que les tavernes qui affichent candidement « bienvenue aux dames ». D’ailleurs, accrochée au-dessus du bar, la fausse tête d’orignal dont le panache sert de patère à de nombreux soutiens-gorge de toutes les couleurs nous le rappelle.

Comme la soirée est encore jeune, Zoé , après une petite pause suivant les trois tequilas, s’attaque à un verre de bière en fût. Durant tout ce temps, les hommes vont et viennent autour d’elle pour commander leurs consommations au bar. Je tiens maintenant à vous décrire mon amie. Elle est jolie (pour ne pas dire un pétard), bien proportionnée et possède quelques rondeurs harmonieuses situées aux bons endroits sur son corps. Bref, elle est loin d’être un pichou. Pourtant, durant l’heure (60 minutes!) où elle a été attablée au bar, aucun gars ne lui a adressé la parole. Pas un « Bonjour », aucun « Comment ça va? », pas même un « S’cuse… ».

Pendant une heure, une fille souriante et jolie est restée seule au bar sans qu’aucun gars ne lui adresse la parole. Merde ! Où est-ce que les hommes sont rendus ! Suis-je la seule à penser que cette histoire dénote un grand malaise dans notre société ? Les gars n’osent plus approcher les filles. Est-ce la faute des femmes qui ont trop souvent éconduit cavalièrement les hommes qui essayaient de les aborder ? Est-ce que les hommes sont rendus à ce point pissous ? Ou la situation paraissait-elle trop louche pour qu’un gars normal ose aborder une jolie fille normale seule un vendredi soir ?

Ces questions me trottent dans la tête et je n’ai malheureusement pas de réponse. Quelqu’un peut-il m’aider à éclairer ma lanterne ? Ai-je raison d’être habitée en ce moment par un diffus sentiment de découragement face à l’homo-québécus ?

* Pour votre information, après l’heure passée au bar sans avoir été abordée par aucun gars, même pas un agrès, Zoé s’en est retournée chez elle où elle s’est fait une dernière tequila avant d’aller se coucher.

mardi 31 mars 2009

Do you speak Marois ?

Pour mon billet d'aujourd'hui, je fais un saut dans le temps, à peine quelques mois en arrière. Une chronique que j'aurais écrite en novembre 2008 si ce blogue avait existé à ce moment là.

Lors de la dernière campagne électorale provinciale, la chef du parti Québécois a essuyé quelques commentaires sur son prétendu état de santé. Selon ses opposants, la chef péquiste avait de la difficulté à suivre le rythme effréné de la campagne. On la disait « pas en forme ». L'histoire a circulé dans les médias. Pour faire taire ses détracteurs, la Castafiore du PQ a convoqué les journalistes aux aurores sur le Mont-Royal pour qu'ils la joignent dans son exercice de marche quotidienne. Elle a alors prouvé à tous que les rumeurs sur son état physique étaient fausses.

Cet épisode de la campagne électorale m'a profondément mystifié. Je ne vois pas en quoi l'état physique d'une personne a à voir avec sa capacité de remplir ses fonctions de politicien(ne), ou, éventuellement, de premier(ère) ministre. Par contre, il me semble que la capacité de s'exprimer correctement en anglais est une condition sine qua non à remplir de telles fonctions.

Pauline Marois. On parle ici de quelqu'un qui veut diriger un (éventuel) pays. Quelqu'un qui aspire à représenter le Québec dans des instances et organisations internationales (ONU, anyone?). Madame Marois, on nous l'a rappelé à plusieurs reprises, est l'une des politiciennes, toutes allégeances confondues, ayant le plus d'expérience dans le
« métier ». Elle a été élue pour la première fois en 1981 et a été à la tête d'importants ministères au cours de sa carrière. Elle a brigué l'investiture du PQ deux fois (1985 et 2005) pour enfin devenir chef du parti en 2007. Bref, politiquement parlant, la Marois n'est pas née de la dernière pluie. Voulez-vous bien me dire pourquoi elle n'a pas entrepris d'apprendre à parler l'anglais ? Come on !!! C'est honteux ! Que madame Marois ne puisse pas mieux s'exprimer dans la langue du smat, ça dépasse l'entendement. On parle de quelqu'un qui a comme ambition de diriger un pays (car j'imagine qu'elle espère toujours en venir là un jour, puisqu'aux dernières nouvelles, elle était encore chef du PQ). En 2009, quel chef d'État peut se permettre de parler l'anglais comme un chat sauvage scandinave ?

Ce n'est pas comme si elle n'avait jamais eu l'occasion de l'apprendre, l'anglais, au cours des 25 dernières années. Quand elle s'est retirée de la vie politique suite à sa défaite face à André Boisclair en 2005, elle aurait pu profiter de ce temps de repos pour faire quelques efforts et se coltailler plus sérieusement avec la langue de Shakespeare, me semble. Madame Marois n'a aucune excuse de n'avoir jamais appris l'anglais.

Le pire dans toute cette histoire, c'est le mutisme total de tout le monde. Durant la campagne électorale, personne n'a osé soulever la question. Aucun journaliste, même pas ses adversaires. Pourquoi ? Il me semble que la capacité d'un premier ministre à s'exprimer en anglais est autrement plus importante que sa forme physique. Est-ce un sujet est tabou au Québec ? Moi je pense que oui.

Je ne tolèrerais pas que le premier ministre du Canada soit unilingue (français ou anglais). C'est la même chose pour le Québec. On ne s'attend pas à ce que le premier ministre de la Colombie-Britannique ou de Terre-Neuve parle parfaitement le français (à la limite, même pas un peu). On s'en tape du français parlé par les premiers ministres des autres provinces (bon, peut-être pas celui du Nouveau-Brunswick qui se doit quand même d'être bilingue dans la seule province de la constitution à l'être officiellement). Pourquoi ? Parce que les autres provinces n'ont pas les aspirations
-légitimes- du Québec de jouer un rôle sur l'échiquier politique international. Vous ne trouvez pas ça ironique que ça soit la chef du parti qui défend justement la place du Québec à l'international qui parle si mal l'anglais ?

Je suis farouchement nationaliste mais je continue à croire qu'on est plus fort que notre adversaire quand on a le choix de l'envoyer promener dans sa langue pour qu'il comprenne ou dans la nôtre pour qu'il soit tout mêlé. Le nombre de langues que quelqu'un parle et comprend est autant de cordes à son arc. Personnellement, mon arc n'en compte que 3 (et demie). Je trouve que ce n'est pas beaucoup - et je ne suis que blogueuse. Imaginez un(e) aspirant(e) chef de
« pays » ! Quelle crédibilité aura cet État quand il devra négocier sur le plan international... « Don't be heuu... inquiète » ???

jeudi 26 mars 2009

Talk of the town: la fin des Invincibles

Les Invincibles était un série amusante, joyeusement ficelée, incroyablement bien réalisée avec un casting béton et des acteurs de talent. Toutefois, on est loin du chef d'œuvre, du génie que certains -même des journalistes connus et reconnus - clâment dans leurs commentaires et/ou blogues. Come on! Plusieurs sont même prêts à accorder ipso facto aux Invincibles le statut de série-culte. Re-come on !! Pour moi, une série-culte, c'est Lance et Compte, la 1ère saison (diffusée à Radio-Can en 1986). Et encore, elle se mérite le sceau de série-culte principalement par des gens qui l'ont écoutée encore ado (moi étant à l'époque à peine pré-ado) ou jeunes adultes. Il y avait là d'ailleurs quelque chose de complètement nouveau à voir pour la première fois des scènes de cul à la télé et entendre de vrais gros mots québécois sortir de la bouche des personnages.

Dans le cas des Invincibles, on parle d'une série adoptée par une majorité d'adultes supposés "matures". Je me pose de sérieuses questions au sujet de ceux qui élèvent cette série au niveau du culte. Se sont-ils reconnus dans le scénario ? Ont-ils joui de voir enfin des personnages leur ressemblant faire l'objet d'une émission -reconduite 3 fois - sur les ondes publiques radio-canadiennes ? Si c'est le cas, je trouve ça quelque peu troublant.

Il y a quelque chose d'un tantinet bizarre à ce qu'autant de gens aient à ce point trippé sur les aventures loufoques et improbables de P-A, Steve, Carlos et Rémi. Comprenez-moi bien, j'ai moi aussi beaucoup aimé cette émission: j'ai été très contente de la voir revenir au petit écran pour une troisième fois et je n'ai pratiquement manqué aucun épisode. Toutefois, de là à brailler lors de la finale et mobiliser la province pour partir une pétition visant une suite, woh menute !

dimanche 22 mars 2009

Plateau, vous avez dit Plateau ?

Le Plateau Mont-Royal, est, pour certains, le quartier le plus cool où être (et surtout, être vu) à Montréal. On a même vu apparaître une expression couramment comprise par une majorité de Québécois, « la Clique du Plateau », censée désigner une certaine classe de gens qui auraient des orientations politiques plus à gauche et qui préfèrent manger granolle si ce n'est bio. Pour d'autres, le Plateau est l'antre du cool et du branché, donc le lieu de résidence de prédilection dans la Métropole. Je soupçonne d'ailleurs que le quartier soit en grande partie peuplé d'expatriés des régions âgés de 20 et 35 ans qui, lorsqu'ils quittent Sainte-Agnès-des-Landes, courent s'établir dans le quartier le plus hip de la Métropole.

Il est vrai qu'on trouve sur le Plateau une sorte de microcosme. Un endroit où la concentration de boutiques, épiceries fines, restaurants et bars est hallucinante et permet de profiter et goûter pleinement la vie urbaine à son meilleur. De plus, desservi par le métro et localisé à quelques pas de la montagne, l'endroit est avantageusement situé. Je pense toutefois que la réputation actuelle de ce quartier est surfaire. Il y a 15-20 ans, le Plateau était encore une enclave jalousement gardée par quelques irréductibles originaux qui l'ont probablement depuis déserté. Comme toute chose originale lorsqu'elle devient mainstream, le Plateau perd peu à peu de sa saveur. De plus en plus récupéré dans la culture et l'imaginaire collectif, l'endroit n'est plus qu'une représentation de lui-même.

La question surgit d'elle-même : quel est le futur Plateau à Montréal ? Quel est le quartier en émergence encore mal connu ? Le MileEnd ? Probablement trop collé sur le Plateau et déjà passablement populaire. Homa ? Ça prendra plus à Hochelaga-Maisonneuve qu'un nom ridicule voulant rappeler les acronymes new-yorkais pour devenir cool. Petite-Patrie ? Le quartier a déjà été adopté par une faune bigarrée et offre un potentiel intéressant. Personnellement, je vote pour le quartier entourant la Promenade Masson dans Rosemont.

Internautes, je veux votre avis. Quel est le prochain Plateau à Montréal ? Gens «des régions», je ne vous oublie pas! Amossois(es), Maskoutains(aines), Louperivois(es), Trifluviens(ennes), dites-moi quels sont vos quartiers branchés. Je veux me culturer et entendre l'avis du Grand Québec. La Malbaie a-t-elle un quartier qui groove ? Et Sept-Iles ? Montréal n'a pas le monopole du cool et de l'original. Je veux connaître les places le fun en dehors de la Métropole. Donnez-moi des idées, je me cherche des endroits « urbains et branchés » en région pour mes vacances cet été !

samedi 14 mars 2009

Les écologistes du mignon

Sauvons les phoques et leurs bébés blanchons, sauvons les ours polaires (blancs eux aussi), sauvons les manchots empereurs, les pandas (ils sont en partie blancs, ne l'oublions pas). Sauvons ! Sauvons !! Sauvons !!! Sauvons surtout ce qui est cute, oui.

Ne trouvez-vous pas ça bizarre qu'on ne voit personne brandir des pancartes pour empêcher l'extermination du crapaud équatorien aux purulentes pustules de muqueuse venimeuse qui, pourtant, joue un rôle prépondérant dans l'écosystème en se nourrissant principalement du parasite s'attaquant aux plantations de café dont la récolte fait vivre une bonne partie des habitants pauvres de la région ? Non, les écologistes et les émules qu'ils réussissent à embarquer dans leurs lubies n'ont de préoccupations que pour le cute et le mignon. Exit le mille-pattes borgne d'Indonésie. Oublié le grand tamanoir albinos des Andes. La nature étant ainsi faite, elle n'a pas favorisé toutes les espèces dans l'attribution des caractéristiques favorables à leur sauvegarde par la nature humaine.

Animaux de tous acabits, voici un indice de votre chance d'être sauvés de l'extinction par les humains : si vous avez déjà fait l'objet d'un jouet, mieux encore d'un toutou, vous êtes sauvés. Un groupe de go-gauche écologistes risque fort bien de vous prendre pour cause quelque part sur la planète et clamer que la Terre ne pourra pas continuer de tourner si vous disparaissez de sa surface. Toutefois, gare à vous si vous n'êtes pas beau à voir en peinture : dans un avenir plus ou moins rapproché, vous êtes promis à une disparition certaine. C'est plate, mais vous aviez juste à vous arranger pour être les premiers à piger dans le sac-à-faces des animaux. La prochaine fois, prenez exemple sur les loutres, koalas, lynx et autres animaux rusés que je soupçonne avoir coupé dans la file menant au Tout-Puissant. Sur Terre, c'est la loi du plus fort, quitte à tricher dès la création du monde pour se voir attribuer les plus beaux atouts fauniques. Quelqu'un d'ailleurs - je ne me rappelle plus qui- a déjà appelé ça la « sélection naturelle ».