jeudi 5 novembre 2009

Saisir le bonheur de l'innocence

J'affectionne d'une façon toute spéciale cette photo là.

Je l'ai prise avec mon cellulaire un soir où je revenais du travail. Un magnifique vendredi de fin d'été, une lumière de soleil qui commence à être fatigué mais qui nous donne généreusement tout ce qui lui reste.

En passant sous une fenêtre d'où sortait le doux son d'une pratique de guitare accompagné d'une voix masculine agréable, mon attention a été attirée de l'autre côté de la rue. Près du trottoir, un divan. Probablement laissé là pour être ramassé par les éboueurs. La magie dans tout ça ? Près d'une demi-douzaine d'enfant s'y prélassait, chillait comme si l'endroit était leur salon. Une très belle scène. Plutôt que de se garocher partout, d'y sauter à pieds joints, to beat the crap out of it, de pitcher au bout de leurs bras les coussins, les enfants profitaient tout simplement de ce que la providence avait mis sur leur chemin. Et en ce doux soir de septembre, ce divan semblait être l'unique chose dont ils avaient besoin pour être heureux. J'ai trouvé ça tellement beau que j'ai voulu immortaliser la chose. Après avoir pris la photo, les kids se sont garochés sur moi pour la voir, et en leur montrant, je leur ai spontanément dit «Regardez comme vous êtes beaux». Pour moi, ils le seront toujours.

mercredi 4 novembre 2009

Patrick Lagacé, ce geek

Eh bien oui, on vient d'avoir la confirmation que Patrick Lagacé, en son jeune temps, était un geek. Un nerd, une tronche si vous préférez. Sur quoi je me fie pour affirmer cela ? Sur un post qu'il a fait aujourd'hui sur son blogue dans Cyberpresse. Pourquoi je dis ça ? Parce qu'à son âge, connaître, ne serait-ce que de nom Slayer, Roxy Music ou Nick Cave, ça relève de la culture générale. Et, bien sûr aussi, de la culture musicale qui, habituellement, commence à se développer au début de l'adolescence, dans le cas de tout humain occidental bien constitué. Et ces trois artistes en exemple sont quand même assez "vieux" et "classique" pour être connus d'une majorité qui ont vu le jour dans les années 70. Et le fait que Pat Lag soit aussi inculte au sujet de ces groupes-culte revèle bien son niveau de geekitude.

Je n'en démors par, l'ignorance de Lagacé-mon-idole prouve assurément qu'il n'a pas toujours eu le charme qu'on lui connaît aujourd'hui. Je le picture il y a 20 ans, des lunettes grosses comme des bay-windows, des broches et quelques pustules décorant son visage. Il affectionnait probablement plus le club de génie en herbe que les chemises carreautées, les disques vinyles et les blast de hash. Comme quoi il ne faut pas sous-estimer les geeks à l'adolescence. C'est peut-être eux que vous allez envier plus tard parce que devenus vedette de tivi ET journal ET Internet. Ou encore vous allez vous pâmez sur leur face en vous disant que l'adolescente que vous êtiez est passée à côté de tout un potentiel quand vous les considériez comme les pires rejets de l'école.

Aveuglement volontaire, quand tu nous tiens...

mardi 3 novembre 2009

Réjeanne, t'as pas changé !

Il y a quelques semaines, sur les ondes de Télé-Québec, j'ai revu le film Réjeanne Padovani de Denys Arcand. Le timing était excellent. Des scandales de corruption dans l'attribution de contrats d'infrastructure venaient tout juste d'éclater à la ville de Montréal. Je doute que la programmation de ce film à ce moment là ait été fortuite. Si ce fut le cas, je veux que le responsable de la programmation cinématographique à Télé-Québec me tire aux cartes.

En gros, le film traite, en trame de fond, de magouille entre des grandes entreprises -italiennes- de la métropole et les gouvernements provincial et municipal. C'est loin d'être un film d'action. On y suit plutôt une sorte de huit-clos, une soirée donnée par un entrepreneur chez-lui en l'honneur de l'inauguration d'une portion d'autoroute qu'il vient d'achever de construire. Parmi ses invités, le ministre des transports, le sous-ministre, le maire de la métropole... bref, tout le gratin politique et son frère.

J'avais vu ce film il y a plusieurs années, vers la fin de l'adolescence. Je l'avais trouvé incroyablement plate et long. Probablement qu'à l'époque, je n'avais pas la maturité pour comprendre les subtilités dépeintes par Arcand (tout comme je n'avais pas compris l'intérêt du Déclin de l'empire américain quand je l'avais vu à 11 ans en programme double dans un cinéma de village). Toutefois, aujourd'hui, avec mes yeux et surtout ma tête d'adulte, Réjeanne Padovani prend un tout autre sens. En ces temps de corruption où le gouvernement du Québec fait tout pour balayer sous le tapis la possibilité d'une enquête, ce film est d'autant plus d'actualité. Même s'il date de 1973, le scénario est comme ancré dans une réalité qui semble perdurer. Tellement d'actualité que même les vêtements et les lunettes des personnages du film semblent être les mêmes que ceux portés de ces temps-ci par les hipsters du Plateau. C'est dire !

Comment on dit ça déjà ? Plus ça change, plus c'est pareil...

lundi 2 novembre 2009

Qui es-tu, Émilie Dubreuil ?

Toutefois, la question devrait-être: "Où étais-je pour ne pas jamais t'avoir lu, ou plutôt ne jamais avoir retenu ton nom".

Je viens tout juste de tomber sur un papier écrit par la journaliste pigiste montréalaise. J'adore le ton. Direct, franc, dans les dents sans toutefois chercher absolument à provoquer. Tout de suite, j'ai googlé son nom pour en apprendre plus sur elle. Je tombe alors sur cet article. C'est rare qu'on lit un texte et qu'on se dit "Mon Dieu ! J'ai pensé ça tellement souvent que c'est moi qui aurait dû écrire ça". Bref, j'adore.

Qui que tu sois Émilie, où que tu sois, je vais rester à l'affût de tes textes. Je les souvourerai comme du bonbon.

lundi 26 octobre 2009

Si Michel Rivard le chante...

Mon supermarché de quartier a rénové son magasin au cours des dernières semaines. Je le découvre presque tout neuf de ces travaux, avec, en prime, une section « eau de source » à faire fondre les glaciers les plus récalcitrants. De nos jours, le goût de l'eau semble avoir un prix.

Je suis perplexe face à ce nouveau snobisme : s'offrir un grand cru d'H2O. Un verre de limpide provenant des forêts tropicales des iles Fidji, une bouteille dont le contenu origine d'une source de montagnes calcaires de Laponie. Moi, le plus souvent, j'y vais avec le classique (et plus qu'abordable) Saint-Laurent Frappé, poussant l'audace jusqu'à filtrer le tout au charbon. Mais un doute persiste. Suis-je en train de m'empoisonner à petit feu ?

Depuis quelques années, d'aucuns jettent les hauts-cris contre l'eau embouteillée. Un non-sens à leurs yeux. Pire : un réel désastre environnemental. Dans ce débat, je ne sais trop où me situer. Je pense bien simplement que si certaines personnes accordent une telle importance au goût de l'eau qu'elles ingurgitent, elles ont bien le droit de payer pour ce luxe. Ces gens doivent accorder autant d'importance au goût, à la couleur et l'arome des vins qu'ils dégustent. Moi, je les choisis plutôt pour leur étiquette et leur prix. S'ils goûtent bon, c'est un bonus. À vrai dire, c'est un peu la même chose pour mon eau. M'offrir une belle bouteille d'eau design, pourquoi pas ? Pour ce qui est du goût de son contenu, je ne saurais trop dire. De toute façon, elle se retrouvera plus souvent qu'à son tour remplie à répétition du bon vieux Saint-Laurent Frappé.

jeudi 15 octobre 2009

Qu'est le slow devenu ?

Je ne parle pas ici de slow food et autre analogisme moderne, je parle du bon vieux slow musical, propice aux rapprochements car se danse collé et joue dans les bars seulement aux alentours de 2h58 du matin, quand tout le monde est bien chaud (dans tous les sens du terme). Non mais c'est vrai ! Quel est le dernier slow qui a cartonné sur les ondes radiophoniques (ou musicplussiennes) que tout le monde entonnait avec joie ou honte à peine dissimulées ?

Quand je parle de slow, je parle de quelque chose de tendre et/ou cochon, préférablement. Dans mon palmarès des meilleurs slows, me viennent tout de suite en tête : Wicked Games de Chris Isaac, True Devotion de Samantha Fox et Drive de The Cars (années 80, sortez de ce corps). Aussi, mention spéciale à Don't Speak de No Doubt, Love Bites de Def Leppard et Trouble de Coldplay. Certains m'en voudront de passer sous silence My Heart Will Go On de Céline, mais bon, ça ne figure pas dans mes préférés.

Ces dernières années nous ont donné leur lot de ballades agréables (Wake Me Up When September Ends de Greenday, Inside and Out de Feist) mais il me semble y avoir une flagrante pénurie côté slow. Le dernier dont je suis capable de me rappeler est The Scientist de Coldplay, et encore, ça remonte à 2002.

Peut-être suis-je trop vieille et déphasée quant aux nouveaux moyens de diffusion musicale. Peut-être que je commence à être déconnectée et ne suis plus assez au courant des courants musicaux. Peut-être le slow est-il carrément dépassé. Ce serait triste. Ce serait comme dire que l'amour et le sexe sont out. Me semble que ça se peut pas. Quelque chose qui n'arrivera jamais. Enfin, on l'espère.

"Last call ? Vraiment ? Ok, bien... DJ, peux-tu faire jouer « Bad Touch » de Bloodhound Gang ? Thanks !"

mardi 6 octobre 2009

Les abymes de la stratosphère

Vous n'êtes pas tanné d'entendre, et surtout voir, notre clown national de l'espace ? Moi je n'en peux plus.

Il y a encore quelques mois, Guy Laliberté ne me faisait ni chaud ni froid. À la limite, j'étais contente de voir un gars de chez-nous remporter autant de succès à l'échelle planétaire dans le domaine de l'entertainment. Mais là, je dois vous avouer que mes sentiments ont changés. Maintenant, le gars m'écoeure.

Tu veux pitcher des millions (près de 35, tout de même) pour aller te balader dans l'espace ? Fine ! Mais ais la décence de ne pas écoeurer le monde avec ça, et spécialement le monde qui aurait pu bénéficier, par ta fondation One Drop, autrement plus de ces 35 millions. Ne vous méprenez pas. Je ne suis pas de ceux et celles qui critiquent les riches pour ce qu'ils font avec leur argent. N'importe qui a le droit de faire n'importe quoi avec son argent. Mais quand tu t'offres le caprice d'un voyage dans l'espace et que tu fais passer ça pour un geste philanthropique qui va rapporter à une fondation caritative, je trouve que c'est odieux. Ça manque de dignité.


Et nous voilà parti dans le grand cirque médiatique (excusez-la). On nous repasse ad nauseam les mêmes images d'un bouffon en suit d'astronaute. J'essaye de l'éviter pendant qu'il lévite en orbite (s'cusez-la – bis), mais c'est difficile, le gars est partout. Guy Laliberté est descendu dans mon estime aussi rapidement et profondément qu'il est monté haut vers l'espace. Et je ne dois pas être la seule avec ce sentiment de dégoût.

jeudi 24 septembre 2009

Les dinausaures technologiques

Vous aimez vous souvenir des anciennes coqueluches technologiques ? Tsé comme PacMan , Atari Vision, Le Walkman jaune hyrdofuge Sony, Télé Match, et autres nouveautés médiatiques déchues. Bien moi, je vous prédis quels sont les gadgets qui font actuellement tripper le monde mais qui deviendront rapidement -très rapidement- has been: les flashmobs et autres lipdubs et surtout, SURTOUT !!! Facebook.

Dans 10 ans, tout le monde va dire "Te rappelles-tu quand on était tous sur Facebook et qu'on trippait à updater notre status chaque jour...". Ou encore "Je me rappelle le premier flashmob que j'ai vu, c'était sur une toune de The Sound Of Music dans une garre de Londres" et, bien sûr, "Ah ! Le lipdub qu'on avait fait à l'université avait pogné plus de 100 000 hits sur Youtube".

Bref, n'oublions jamais que les gadgets technologiques actuels, aussi innovateurs et surprenants puissent-il être, sont les ancêtres de futures inventions. Et souvent, les ancêtres, en vieillissant, nous font sourires en radottant à quel point avant, c'était le bon temps !

dimanche 30 août 2009

De la dictature d'être en forme

« Faut que je me remette en forme ». Combien de fois j'ai entendu quelqu'un de mon entourage prononcer cette phrase. À chaque fois, je réprime un petit soupir de dépassement. Je vous le dis d'emblée, se «mettre en forme», je n'y crois pas. En fait, ce n'est pas tant que je ne crois pas en la chose, c'est plutôt que je ne crois pas au bien fondé de la chose.

En occident, la vie est des plus faciles. Ascenseurs, aspirateurs, escalateurs, lave-vaisselle, extracteurs à jus, tutti quanti... tout existe pour nous mener la vie douce et nous la rendre le moins pénible possible. Mais non, il y a encore du monde -et beaucoup- pour trouver qu'ils ne sont pas assez en forme pour leur vie qui leur en demande déjà si peu sur le plan physique. En occident de nos jours, on a jamais si peu eu besoin d'être «en forme». Si on se compare à bon nombre de pays où les conditions de l'humain sont encore précaires, c'est un grand luxe dont jouit notre partie du monde. À la lumière de cette observation, je décide de profiter pleinement de ce luxe.

Et ne me sortez pas l'argument que la santé est directement proportionnel à la forme physique (savant mélange flexibilité/musculaire/cardio). Si l'équation fonctionnait, des hommes sportifs ayant un cardio d'enfer ne péteraient pas d'une crise cardiaque à 42 ans. Je tiens d'ailleurs en exemple ma grand-mère, qui, maintenant rendue à 89 ans bien sonnés, va tous nous enterrer. Elle fait environ 5'1", a toujours eu la shape d'un tonneau et n'a jamais levé un balais de sa vie. Je doute même qu'elle ait jamais, même enfant, couru après un ballon. La vénérable dame pète le feu et n'a été admise à l'hôpital qu'une fois au cours des cinquante dernières années. Alors voulez-vous bien me faire rire avec votre supposé corrélation forme physique = santé.

vendredi 14 août 2009

Je ne me tanne pas de ça...

Et imaginez live en plus. Comme samedi dernier au stade (enfin, presque).

L'ultime idéal du style


Mon fantasme de ressemblance.

Le style, c’est quelque chose d’intemporel. C’est au-delà de la mode et de la beauté. C’est une image figée dans le temps, donc, par essence, timeless. Le style, c’est une photo qui nous confond sur le moment où elle a été prise. Comme celle-ci de Louise Brooks. Cette photo aurait pu avoir été prise hier. Elle date d'il y a près de 80 ans.

vendredi 17 avril 2009

Sex and the City pour les nulles

Mesdames, faites-vous partie de cette horde de femmes de par le monde qui ont jubilé d'excitation l'été dernier lors de la sortie sur les écrans de cinéma de Sex and the City, le film ? Eh bien moi pas.

D'entrée de jeu, je vous annonce mes couleurs: si j'ai apprécié la série Sex and the City qui fut divertissante durant ses premières saisons -à la fin des années 90 cette émission est venue rafraîchir le paysage télévisuel destiné au public féminin- je trouve complètement ridicule le culte hystérique que lui voue un grand nombre de femmes. Lors de la première du film, à l'été 2008, on ne comptait plus les groupes d'amies qui se sont mises sur leur 36 (wannabe porteuses de Manolo Blahnik et de Prada) pour aller assister à cet événement qu'elles n'auraient manqué pour rien au monde. Peh-lease !!!!!!

Or, à l'époque de cette frénésie, pour ne pas critiquer dans le vide, je me suis imposée le visionnement du long-métrage en question. Bien mes amis, je ne fus pas déçue (puisque j'étais déjà assez cynique en partant). Quelle fable ridicule que ce Sexe à New York ! Pendant plusieurs jours, j'ai été complètement mystifiée à essayer de percer le mystère de cet engouement démesuré puis ça m'a finalement frappé : Sex and the City est un conte de fées moderne pour la femme occidentale entre 30 et 45 ans. Je soupçonne d'ailleurs qu'il y ait deux principaux groupes qui s'identifient aux quatre « héroïnes » de ce feuilleton cinématographique : 1er, les femmes qui vivent en ville et qui pensent que leur vie -le plus souvent plate comme la pluie- ressemble à s'y méprendre aux aventures vécues par Carrie, Samantha, Charlotte et Miranda; 2e, les mères de famille installées en banlieue qui se disent que sans les obligations familiales qui leur incombent, elles mèneraient une vie aussi trépidante que les quatre filles de l'Upper East Side. Dans les deux cas, mesdames, vous vous gourez royalement.

Mais bon, faut croire que du côté de la gent féminine, je suis une exception. En effet, à mon grand dam (et au bonheur des autres), il parait qu'ils vont remettre ça. Les filles, préparez votre plus belle garde-robe pour l'été 2010, Sex and the City 2 s'en vient !!!

mardi 7 avril 2009

De la castration de l’homo-québécus

Je vous conte une anecdote vécue par une amie dernièrement. La fille, appelons-la Zoé, sort prendre un verre et manger une bouchée avec des amies un vendredi soir. La soirée finit trop tôt à son goût puisque les filles, dont le lit les appelait, déclarent forfait vers 23h. Zoé, toutefois, sent en elle vibrer l’appel des shooters de tequila. Et croyez-moi, lorsque cet appel se fait entendre, mon amie doit y répondre puisque c’est quelque chose d’assez rare (Zoé n’étant pas ce qu’on appelle une « party animal »).

En route vers chez-elle et après quelques messages-texte à un hypothétique compagnon de boisson, elle s’arrête dans un établissement pour étancher sa soif tenace. L’endroit est bondé d’hommes (ratio hommes/femmes d’environ 5/1) de son âge (fin vingtaine) offrant un potentiel quand même intéressant. Zoé s’attable au bar seule –chose qu’elle n’avait auparavant jamais faite- et commande trois tequilas, qui, l’espère-t-elle, noieront la petite voix qui crie « party » sous son plexus solaire. Zyeutant de temps à autre son cellulaire pour voir si la proposition de l’autre finira par se concrétiser, elle se dit qu’à la quantité d’hommes en rut dans la place, il y en a bien un qui viendra lui faire jasette. Comprenez-moi bien, l’endroit n’est pas particulièrement sophistiqué et on parle ici d’un débit de boisson à peine plus classe que les tavernes qui affichent candidement « bienvenue aux dames ». D’ailleurs, accrochée au-dessus du bar, la fausse tête d’orignal dont le panache sert de patère à de nombreux soutiens-gorge de toutes les couleurs nous le rappelle.

Comme la soirée est encore jeune, Zoé , après une petite pause suivant les trois tequilas, s’attaque à un verre de bière en fût. Durant tout ce temps, les hommes vont et viennent autour d’elle pour commander leurs consommations au bar. Je tiens maintenant à vous décrire mon amie. Elle est jolie (pour ne pas dire un pétard), bien proportionnée et possède quelques rondeurs harmonieuses situées aux bons endroits sur son corps. Bref, elle est loin d’être un pichou. Pourtant, durant l’heure (60 minutes!) où elle a été attablée au bar, aucun gars ne lui a adressé la parole. Pas un « Bonjour », aucun « Comment ça va? », pas même un « S’cuse… ».

Pendant une heure, une fille souriante et jolie est restée seule au bar sans qu’aucun gars ne lui adresse la parole. Merde ! Où est-ce que les hommes sont rendus ! Suis-je la seule à penser que cette histoire dénote un grand malaise dans notre société ? Les gars n’osent plus approcher les filles. Est-ce la faute des femmes qui ont trop souvent éconduit cavalièrement les hommes qui essayaient de les aborder ? Est-ce que les hommes sont rendus à ce point pissous ? Ou la situation paraissait-elle trop louche pour qu’un gars normal ose aborder une jolie fille normale seule un vendredi soir ?

Ces questions me trottent dans la tête et je n’ai malheureusement pas de réponse. Quelqu’un peut-il m’aider à éclairer ma lanterne ? Ai-je raison d’être habitée en ce moment par un diffus sentiment de découragement face à l’homo-québécus ?

* Pour votre information, après l’heure passée au bar sans avoir été abordée par aucun gars, même pas un agrès, Zoé s’en est retournée chez elle où elle s’est fait une dernière tequila avant d’aller se coucher.

mardi 31 mars 2009

Do you speak Marois ?

Pour mon billet d'aujourd'hui, je fais un saut dans le temps, à peine quelques mois en arrière. Une chronique que j'aurais écrite en novembre 2008 si ce blogue avait existé à ce moment là.

Lors de la dernière campagne électorale provinciale, la chef du parti Québécois a essuyé quelques commentaires sur son prétendu état de santé. Selon ses opposants, la chef péquiste avait de la difficulté à suivre le rythme effréné de la campagne. On la disait « pas en forme ». L'histoire a circulé dans les médias. Pour faire taire ses détracteurs, la Castafiore du PQ a convoqué les journalistes aux aurores sur le Mont-Royal pour qu'ils la joignent dans son exercice de marche quotidienne. Elle a alors prouvé à tous que les rumeurs sur son état physique étaient fausses.

Cet épisode de la campagne électorale m'a profondément mystifié. Je ne vois pas en quoi l'état physique d'une personne a à voir avec sa capacité de remplir ses fonctions de politicien(ne), ou, éventuellement, de premier(ère) ministre. Par contre, il me semble que la capacité de s'exprimer correctement en anglais est une condition sine qua non à remplir de telles fonctions.

Pauline Marois. On parle ici de quelqu'un qui veut diriger un (éventuel) pays. Quelqu'un qui aspire à représenter le Québec dans des instances et organisations internationales (ONU, anyone?). Madame Marois, on nous l'a rappelé à plusieurs reprises, est l'une des politiciennes, toutes allégeances confondues, ayant le plus d'expérience dans le
« métier ». Elle a été élue pour la première fois en 1981 et a été à la tête d'importants ministères au cours de sa carrière. Elle a brigué l'investiture du PQ deux fois (1985 et 2005) pour enfin devenir chef du parti en 2007. Bref, politiquement parlant, la Marois n'est pas née de la dernière pluie. Voulez-vous bien me dire pourquoi elle n'a pas entrepris d'apprendre à parler l'anglais ? Come on !!! C'est honteux ! Que madame Marois ne puisse pas mieux s'exprimer dans la langue du smat, ça dépasse l'entendement. On parle de quelqu'un qui a comme ambition de diriger un pays (car j'imagine qu'elle espère toujours en venir là un jour, puisqu'aux dernières nouvelles, elle était encore chef du PQ). En 2009, quel chef d'État peut se permettre de parler l'anglais comme un chat sauvage scandinave ?

Ce n'est pas comme si elle n'avait jamais eu l'occasion de l'apprendre, l'anglais, au cours des 25 dernières années. Quand elle s'est retirée de la vie politique suite à sa défaite face à André Boisclair en 2005, elle aurait pu profiter de ce temps de repos pour faire quelques efforts et se coltailler plus sérieusement avec la langue de Shakespeare, me semble. Madame Marois n'a aucune excuse de n'avoir jamais appris l'anglais.

Le pire dans toute cette histoire, c'est le mutisme total de tout le monde. Durant la campagne électorale, personne n'a osé soulever la question. Aucun journaliste, même pas ses adversaires. Pourquoi ? Il me semble que la capacité d'un premier ministre à s'exprimer en anglais est autrement plus importante que sa forme physique. Est-ce un sujet est tabou au Québec ? Moi je pense que oui.

Je ne tolèrerais pas que le premier ministre du Canada soit unilingue (français ou anglais). C'est la même chose pour le Québec. On ne s'attend pas à ce que le premier ministre de la Colombie-Britannique ou de Terre-Neuve parle parfaitement le français (à la limite, même pas un peu). On s'en tape du français parlé par les premiers ministres des autres provinces (bon, peut-être pas celui du Nouveau-Brunswick qui se doit quand même d'être bilingue dans la seule province de la constitution à l'être officiellement). Pourquoi ? Parce que les autres provinces n'ont pas les aspirations
-légitimes- du Québec de jouer un rôle sur l'échiquier politique international. Vous ne trouvez pas ça ironique que ça soit la chef du parti qui défend justement la place du Québec à l'international qui parle si mal l'anglais ?

Je suis farouchement nationaliste mais je continue à croire qu'on est plus fort que notre adversaire quand on a le choix de l'envoyer promener dans sa langue pour qu'il comprenne ou dans la nôtre pour qu'il soit tout mêlé. Le nombre de langues que quelqu'un parle et comprend est autant de cordes à son arc. Personnellement, mon arc n'en compte que 3 (et demie). Je trouve que ce n'est pas beaucoup - et je ne suis que blogueuse. Imaginez un(e) aspirant(e) chef de
« pays » ! Quelle crédibilité aura cet État quand il devra négocier sur le plan international... « Don't be heuu... inquiète » ???

jeudi 26 mars 2009

Talk of the town: la fin des Invincibles

Les Invincibles était un série amusante, joyeusement ficelée, incroyablement bien réalisée avec un casting béton et des acteurs de talent. Toutefois, on est loin du chef d'œuvre, du génie que certains -même des journalistes connus et reconnus - clâment dans leurs commentaires et/ou blogues. Come on! Plusieurs sont même prêts à accorder ipso facto aux Invincibles le statut de série-culte. Re-come on !! Pour moi, une série-culte, c'est Lance et Compte, la 1ère saison (diffusée à Radio-Can en 1986). Et encore, elle se mérite le sceau de série-culte principalement par des gens qui l'ont écoutée encore ado (moi étant à l'époque à peine pré-ado) ou jeunes adultes. Il y avait là d'ailleurs quelque chose de complètement nouveau à voir pour la première fois des scènes de cul à la télé et entendre de vrais gros mots québécois sortir de la bouche des personnages.

Dans le cas des Invincibles, on parle d'une série adoptée par une majorité d'adultes supposés "matures". Je me pose de sérieuses questions au sujet de ceux qui élèvent cette série au niveau du culte. Se sont-ils reconnus dans le scénario ? Ont-ils joui de voir enfin des personnages leur ressemblant faire l'objet d'une émission -reconduite 3 fois - sur les ondes publiques radio-canadiennes ? Si c'est le cas, je trouve ça quelque peu troublant.

Il y a quelque chose d'un tantinet bizarre à ce qu'autant de gens aient à ce point trippé sur les aventures loufoques et improbables de P-A, Steve, Carlos et Rémi. Comprenez-moi bien, j'ai moi aussi beaucoup aimé cette émission: j'ai été très contente de la voir revenir au petit écran pour une troisième fois et je n'ai pratiquement manqué aucun épisode. Toutefois, de là à brailler lors de la finale et mobiliser la province pour partir une pétition visant une suite, woh menute !